beyond the borders... discover our planet..

... dumping at the heart of volcanoes, mountains, glaciers, caves and unexplored territories...



Expédition alpinisme / Ascension du Cho Oyu (8200m)/ Tibet /Chine (Himalaya)

date : avril-mai 2018

température : -40°c

participant : franck tessier

moyens : alpinisme en autonomie sans oxygène, seul et sans sherpa 

 

Expédition de 55 jours au total sur le 6ème sommet du monde. L'ascension du sommet, réputée pour être facile, s'est avérée assez délicate tant sur le plan des conditions météorologiques (2 créneaux de 2 jours uniquement sur 2 mois!) que sur le plan technique du fait de la présence de glace vive et de passages raides à 60-70° . L'ascension, sans oxygène, nécessite par ailleurs une vigilance extrême afin de préserver son intégrité physique et d'éviter les gelures des extrémités. A cette période, au printemps, nous n'étions pas nombreux sur la montagne (19 grimpeurs, toutes nationalités confondues, et 99,9% d'utilisation d'oxygène). Les épisodes neigeux (presque tous les jours) et venteux (plus de 100km/h au sommet) ont nécessité une longue période d'attente ponctuée de quelques séances de portage de matériel et d'équipement de la paroi. Des sherpas employés par une expédition commerciale ont ensuite équipé la montagne de cordes fixes, ce qui a facilité l'ascension. Contrairement aux expériences précédentes, j'ai choisi de faire uniquement 2 camps d'altitude (C1 à 6400m / C2 à 7200m) avec des dénivelés cumulés élevés. Le protocole final pour atteindre le sommet a été le suivant  : J1 /camp de base (5700m)-camp 2 (7200m) J2 / nuit au camp 2 à 7200m (vent violent) J3 / camp 2 (7200m)-sommet (8200m) (13h d'ascension). A noter, que je n'ai pas consommé d'oxygène, aucun médicament (pas même une aspirine!) et je n'ai jamais eu de maux de tête.  La réussite tient probablement à une bonne préparation physique et psychologique ainsi que de nombreux footing en altitude pendant les jours d'attente. Tout ceci associé aux nombreux conseils de mon ami Domi, auteur de plusieurs 8000m en autonomie. Il est vrai que si nous avons grimpé chacun de notre côté, nous nous sommes connus au camp de base et nous avons passé tout notre temps  à scruter la montagne afin de prendre la bonne décision pour réaliser l'ascension.

Une pensée également à notre ami sud coréen connu sur place, Park Shinyeong, toujours souriant et enthousiaste, qui a perdu la vie à la hauteur du camp 2. Nous pensons à lui et à sa famille. 


Raid autonome avec skis et pulka / Groenland (Terre de Liverpool)

date : avril-mai 2017

température : -25°c

participant : franck tessier

moyens : ski nordique et pulka

Raid nordique autonome à skis avec une pulka (luge)  contenant  la nourriture et le matériel de survie pour un parcours de 11 jours totalisant 160 km en Terre de Liverpool et sur la banquise.

Le point fort de l'expédition a été l'arrivée sur le fjord Horsens avec une vue plongeante sur les premiers icebergs prisonniers des  glaces. La suite du périple sera marquée par une période de vent très fort qui m'immobilisera durant 24h dans la tente. J'ai croisé des dizaines de traces d'ours polaire dont certaines m'ont été très utiles pour me conduire à des endroits improbables protégés du vent... Cette expérience en solitaire m'a permis de faire un bilan sur le plan matériel et physiologique afin de préparer un raid plus long. J'ai un peu souffert du froid vraisemblablement en raison d'un apport calorique insuffisant. J'ai également été surpris par les difficultés de progression sur la banquise qui, loin de se faire sur une surface plane, constitue une vraie course d'obstacles ...de glace. L'environnement en tout point glacé rend la progression grandiose, magique et austère à la fois. La force du vent peut tout balayer sur son passage (notamment le célèbre vent catabatique "Piterak") et il faut absolument pouvoir se protéger (s'enterrer...) en moins de 15 minutes!!!

Exploration spléologique glaciaire de Kverfoll / Islande (Vatnajokull)

date : septembre 2016

température : -13°C/ +5°c

participants : peter carsten (photographe), daniel jehle , franck tessier

moyens : exploration sous glace, crampons, piolets

Expédition spéléologique financée par le National Geographic ayant pour objet de réaliser un reportage photographique dans la grotte glacée de Kverfoll en Islande. Cette grotte a été découverte par Gérald Favre et son équipe et a donné lieu au film "Spéléo Ice". Nous avons effectué plusieurs visites de la rivière souterraine (réseau inférieur) et nous avons été rapidement  confrontés à une concentration de gaz carbonique (C02) très élevée. Fort heureusement, nous possédions un appareil capable de mesurer en permanence la concentration de C02 et celle-ci a rapidement augmenté de 4 à presque 10%, ce qui correspond à une dose dangereuse. La concentration normale de C02 dans l'air est de 0,04%. C'est pourquoi nous avons décidé d'utiliser des bouteilles de plongée pour continuer l'exploration de la grotte. Nous avons également recherché des entrées supérieures dans la partie haute du glacier à plus de 1700m d'altitude. A cet endroit se trouve une zone fumerolienne (Hvererir) qui réchauffe l'eau de la rivière et qui provoque la fonte du glacier et la formation de la grotte. Lors de notre passage, seule une entrée, située en contrebas d'un énorme sérac, permettait un accès à la rivière chaude. Cependant, la progression dans la grotte a été rapidement interrompue par un énorme effondrement de glace. 


Exploration à skis de randonnée / Antarctique (Baie de Marguerite)

date : fevrier-mars 2016

température : -15°c/+5°c

participants : jean bouchet et 9 autres membres d'expédition, jerôme poncet , franck tessier

moyens : navigation, ski-alpinisme

Expédition d'exploration en ski-alpinisme avec Jean Bouchet, guide de haute-montagne  et  Jerôme Poncet, capitaine du Golden Fleece. Le Golden Fleece est un bateau à voile motorisé en acier de 20m capable d'endurer les pires conditions de mer et de naviguer dans les eaux glacées d'antarctique. Jérôme Poncet fait partie des plus grands explorateurs polaires. Sa connaissance de l'antarctique est mondialement reconnue. La traversée aller  du Drake fut marquée par des creux de 7m pendant 24h, ce qui est cependant assez banal dans cette partie du globe! Soigneusement préparée par Jean Bouchet (3ème expédition), l'expédition avait pour objectif de réaliser l'ascension de sommets majeurs en baie Marguerite située très au sud de la péninsule. Il n'y a eu que très peu d'expéditions à ski dans cette région du fait de son éloignement. La météo n'aura pas été aussi favorable que l'année précédente mais nous avons pu effectué une dizaine d'ascensions totalisant 15 000 m de dénivelé. Là bas, il faut compter partir du niveau de la mer pour atteindre des sommets qui atteignent, pour certains, plus de 2500m. Il faut également compter avec les nombreuses crevasses qui jalonnent le parcours jusqu'au sommet et qui nécessitent un encordement permanent. L'expérience de Jean et sa connaissance de l'antarctique ont été déterminantes dans la réussite de l'expédition. 

voir également le blog d'Olivier, un des membre de l'expédition antarctique 2016

http://www.chugach-sailing.com/ski-alpinisme-d-exploration-dans-le-sud-de-la-peninsule-antarctique-en-a119593082

 


Suivi de l'activité du volcan Sinabung / Indonésie (Java)

date : mars, juin 2015

température : +25°c

participant : franck tessier

Moyens : hébergement et approche de volcan actif

Plusieurs séjours de courte durée afin de filmer les nombreuses coulées pyroclastiques qui dévalent les pentes du volcan sur près de 1 km et jusqu'à 3 km. A ce jour, plusieurs centaines de personnes ont été évacuées des villages limitrophes. L'armée contrôle le périmètre de sécurité et les militaires ne plaisantent pas avec les personnes qui s'approcheraient trop près du volcan. Le village de Sukameriah, lieu de plusieurs victimes, est aujourd'hui complètement abandonné...seule l'église dressait encore vaillement son clocher au dessus des arbres calcinés. Mais, selon les dernières informations, elle aurait également été réduite à un tas de cendres chaudes par les dernières coulées pyroclastiques.


Ascension de l'Elbruz / Russie (Caucase) / 5642m

période : mai 2015

température : -25°c au sommet

participants : sylvie salicis, franck tessier

moyens : ski de montagne, crampons (partie sommitale), refuge

 

Ascension classique par la voie normale. L'elbruz est le plus haut sommet d'Europe mais l'Elbrouz est aussi victime de son succès car il est très fréquenté faisant partie des "seven summits". Les chances d'être seul sur la montagne sont minces et seules les conditions météo peuvent faire chuter la fréquentation. Il peut faire très froid sur l'Elbrouz et le vent vient aggraver le froid ressenti. Notre ascension ciblée sur une petite semaine a pu aboutir uniquement grâce à l'observation météo par satellite qui a conditionné le seul jour possible d'ascension. Pari réussi grâce à la performance de la technologie satellitaire actuelle ainsi qu'une bonne dose de chance. La descente à skis s'est faite sous la neige sans aucune visibilité. Il n'en demeure pas moins que le gain de temps à la descente est très important lorsqu'on choisit l'option ski et ceci va dans le sens de la sécurité. 


Expédition alpinisme/ Ascension du Nun  / Zanskar /Himalaya / Inde/ 7135 m

période : aout 2014

température : -20°c au sommet

participants : martin peš , matěj koukl, nima sherpa, franck tessier

moyens : marche en crampons, pose de cordes fixes, bivouacs

Le Khun et le Nun sont deux montagnes voisines qui se dressent à plus de 7000m au dessus des vallées du Zanskar. Le Nun, le plus facile des deux, est un sommet peu fréquenté car moins prestigieux que le Khun, il n'en demeure pas moins très esthétique dans la pureté des lignes. L'expédition est légère puisqu'elle regroupe 2 alpinistes tchèques Martin et Matěj ainsi que Nima, un sherpa d'altitude très expérimenté. Plus de 1500m de cordes fixes seront posées afin de sécuriser la descente dans les passages les plus raides. L'ascension jusqu'au sommet s'est déroulé en 3 camps principaux. Un grand coup de "chapeau" à Nima sans qui l'ascension aurait été beaucoup plus complexe, notamment le dernier jour, après le sommet, où il a fallu rechercher les cordes fixes enterrées sous 50cm de neige fraîche! Du camp 3 au sommet, on trouve les passages les plus raides sur un dénivelé important. La technique des cordes fixes permet de sécuriser la descente et de gagner du temps. Ascension sauvage de toute beauté. 

 


Volcan tolbachik / Sibérie orientale/ Kamchatka / Russie

date : janvier 2013

température : -25°c

participant : franck tessier

moyens : motoneige (plaine), raquettes , bivouac, approche de volcan actif

Séjour sous tente par -25°c. Site particulièrement exceptionnel associant le froid et la chaleur extrême à l'origine d'un gradient thermique générateur de vents très violents. Le Tolbachik est un volcan qui a toujours laissé un souvenir indélébile à ses admirateurs de par l'ampleur de ses crises éruptives et la beauté de ses fontaines de lave . Aujourd'hui, c'est un spectacle de contrastes de couleurs ocres sur fond de neige rosie qui s'offre au spectateur. Séjour écourté en raison de la progression de la coulée de lave qui a coupé le chemin de retour et qui a nécessité une fuite pour se réfugier du bon côté la coulée de lave. Les deux jours suivants ont été passés à lutter contre la tempête de vent qui ne permettait pas de se tenir debout. 


Suivi d'activité volcanique / volcan Eyjafjöll/ islande

date : avril 2010

température : -12°c

participant : franck tessier

Moyens : marche , bivouac, approche de volcan actif

Approche longue et complexe pour se rendre au plus près du volcan islandais Eyjafjöll au moment où tous les principaux médias ont quitté les lieux. Les clichés sont pris à moins de 200m du cratère derrière un monticule de glace faisant écran aux projections de bombes. Certains projectiles atteignent les dimensions d'une petite voiture!!! Vibrations et sons basses fréquence permettent de ressentir les montées du magma dans le conduit terminal. Un spectacle puissant de création du monde et d'une beauté indescriptible.

Suivi d'activité volcanique / la soufrière/Montserrat (Petites Antilles)

date :  2010

température : +25°c

participant : carsten peter, franck tessier

Moyens : marche

La soufrière de Montserrat est en activité depuis 1995. En 1997, la ville de Plymouth a été partiellement ensevelie sous les cendres du volcan et abandonnée par la majeure partie de ses habitants . C'est aujourd'hui une ville fantôme dont l'accès est strictement réglementé. En compagnie de mon ami carsten peter, photographe pour le magazine du national geographic, nous avons pu observer le volcan au plus près pendant une dizaine de jours. L a fréquence des coulées pyroclastiques et les volumes de cendres projetés dans l'atmosphère nous ont contraints à une extrême prudence. Ainsi, la majeure partie de notre temps a été employée à rechercher des postes d'observation relativement protégés en lien avec les données collectées  par l'observatoire volcanologique de Montserrat. 

Ascension du Volcan Klioutchevskoï (4835m)/ Kamchatka / Russie (Sibérie Orientale)

date : juin 2008

température : +6°C/ -15°c

participant : franck tessier

moyens : marche avec crampons, bivouac

Le Klioutchevskoï est le plus haut volcan de la péninsule du Kamchatka qui culmine à 4835m. L'itinéraire qui part de Kozyrevsk à pieds est le plus long mais ne nécessite aucune autorisation. La marche d'approche est longue et éprouvante. Il faut compter avec l'humidité de la forêt et ses nuées de moustiques à basse altitude pour suivre ensuite un interminable cheminement dans des pentes d'herbes et de roches volcaniques afin de rejoindre le glacier qui verrouille  l'accès au volcan. A partir du col, les conditions météo changent très vite et le brouillard épais est fréquent. L'ascension terminale du volcan se fait par une pente raide, instable et soutenue. Il faut éviter les chutes de pierres et de glaces et cheminer dans la pente en regardant toujours au dessus de soi. La vue sur la chaîne des volcans Kamen et Bezymianny est absolument grandiose. C'est un endroit peu fréquenté. "Quand je suis arrivé sur les bords du cratère, l'activité était limitée à quelques fumerolles et une bouche rougeoyante mais il ne faisait pas bon s'éterniser au sommet du cratère car le volcan était toujours en activité". La descente s'est effectuée de nuit sous la neige. Retour à la tente au petit matin écrasée par le poids de la neige humide tombée dans la nuit..."Le fait d'être seul rajoute un peu d'engagement à ce genre de périple et j'ai réellement vécu une aventure authentique loin de tout"

Exploration spéléologique / Madagascar (Ankarana)

date :  2006

température : +30°c

participant : christophe peyre, eric gilli, daniel bessaguet, franck tessier

moyens : progression spéléologique, bivouac sous terre

Grâce à l'immense connaissance du spéléologue explorateur Jean Radofilao, installé à Madagascar depuis toujours et le soutien logistique de Jean Christophe Peyre, spéléologue vivant également sur place , nous avons pu organiser plusieurs expéditions d'exploration (depuis 1981) dans les grottes du massif  de l'Ankarana situé au nord ouest de la grande île. Ainsi, des dizaines de kilomètres de galeries souterraines ont été minutieusement répertoriées et cartographiées.  En 2006, l'équipe se retrouve à nouveau pour de nouvelles aventures souterraines. D'immenses galeries seront encore découvertes ainsi que des sépultures humaines, vestiges des nombreuses guerres entre les tribus locales.


volcan Djebel Tair/ Mer Rouge / Yemen

date :  2006

température : +30°c

participant : christophe peyre, catherine, franck tessier 

moyens : navigation, approche de volcan en activité

Il ne s'agit pas ici d'une expédition mais bien d'un rendez-vous insolite au large des côtes du Yemen avec mon ami christophe. Tandis qu'il navigue plein sud pour relier les cotes de Madagascar, il raconte avoir vu une lueur intense en provenance d'un ilot volcanique. Nous apprenons qu'il s'agit d'un poste de surveillance avancé de l'armée yéménite et qu'une éruption volcanique est en cours. Il n'en fallait pas moins pour me décider à rejoindre christophe dans les 48h afin d'explorer ce  volcan méconnu de la plupart des volcanophiles... Après de longues négociations avec les autorités pour appareiller du port d'Hodeida, nous réussissons enfin à reprendre la mer. Nous naviguons nuit et jour à bonne allure pour découvrir un beau spectacle. Des coulées de lave qui se jettent à la mer, un petit cône fumant qui crache de la lave en fusion et un cratère actif au fond duquel se trouve un lac de lave très agité. Nous sommes ravis de nous retrouver sur ce lieu magique qui nous fait penser à d'autres époques brûlantes où la terre était agitée par de nombreuses éruptions volcaniques. Il n'y a aucune présence humaine sur place et nous apprendrons plus tard que les militaires ont été contraints de fuir et que certains ont péri noyés!


Mont Aconcagua / cordillère des Andes / Argentine/ 6962m

date : octobre 2005

température : -20°c au sommet

participants : irene margaritis, franck tessier

moyens : marche classique et avec crampons, bivouacs

Ascension classique par la voie normale en tout début de saison. L'Aconcagua, point culminant du continent américain, est une montagne populaire et très fréquenté. Il n'y a aucune difficultés techniques hormis la problématique de l'altitude et les conditions météo de haute montagne. Les études statistiques montrent qu'un nombre important de grimpeurs souffrent de mal des montagnes. Ceci est probablement dû à une conjonction de facteurs associant une fréquentation importante, l'absence de difficultés et la rapidité de l'ascension.

... "le vent sur la crête était si violent qu'il était impossible de se tenir debout". Le jour suivant a été marqué par le retour du beau temps et une diminution de la force du vent, ce qui permettait d'envisager le sommet avec plus de sérénité.  Etonnamment, aucune âme qui vive n'était présente sur la dernière partie de l'itinéraire et la partie sommitale. Si l'ascension dans la rocaille peut paraître un peu monotone, la vue du sommet, notamment vers la face sud, est... absolument renversante. 


Ojos del Salado / Cordillère des Andes /Chili/ 6900 m

période : octobre 2005

température : -15°c au sommet

participant : franck tessier

moyens : marche, corde fixe en place pour atteindre le sommet

L'Ojos del Salado est le plus haut volcan du monde. Situé aux confins du chili, à la frontière de l'Argentine, l'Ojos del Salado est un sommet assez peu fréquenté. L'ascension est très rapide et il faut se méfier des effets de l'altitude. La vue du sommet est superbe sur les sommets de la cordillère des Andes. "J'ai observé quelques petites fumerolles dans le cratère qui traduit la signature volcanique". Il y a une petite corde afin de surmonter le ressaut rocheux qui mène au sommet. Les couleurs des roches érodées par le froid, la pluie et le vent sont absolument magnifiques. L'ascension s'est effectuée rapidement en une journée après une nuit au refuge Tejos (non gardé). "L'ascension de l'Ojos del Salado allait me servir de parfaite acclimatation pour monter ensuite au sommet de l'Aconcagua. "

 


Papouasie Nouvelle Guinée / Koke village

période :  2005

température : +28°c 

participant : ulla lohman, franck tessier

moyens : marche

Ulla Lohman, photographe professionnel, connaît parfaitement la Papouasie Nouvelle Guinée. A l"occasion de ses nombreuses visites, elle a découvert un site de momification exceptionnelle caché sous le couvert végétal de la forêt tropicale dans l'entrée d'une grotte. J'aurais le privilège d'accompagner l'aventurière à deux reprises pour la filmer  dans ses investigations au sein de la tribu Angas. C'est non loin du village de Koke, à une quinzaine d'heures de piste infernale de Lae, que se trouve la grotte qui abrite les corps momifiés. Les momies sont conservées depuis quelques dizaines d'années grâce à l'utilisation de la fumée, de l'ocre et de l'arsenic comme conservateur. Ce qui est le plus impressionnant, c'est le réalisme des expressions des corps volontairement placés dans des attitudes de la vie courante, en position assise de préférence, avec le regard tourné vers le paysage comme pour assurer un lien fort entre le monde des vivant et celui des morts. Selon les Angas, il s'agit bien d'un moyen de communication des vivants avec l'au-delà.


Pic Lénine / Pamir/ Himalaya / Russie/ 7134 m

date : août 2003

température : -22°c au sommet

participants : irene margaritis, franck tessier

moyen : marche avec crampons, bivouacs

Ascension classique par la voie normale en fin de saison. Plusieurs nuits passés à plus de 6000m pour attendre le beau temps...le dernier jour fut le bon pour l'ascension du sommet. Au retour, les crevasses qui jalonnent le parcours sont très larges et l'une d'elles nécessite un saut particulièrement athlétique. Irène accroche un peu le crampon à l'arrivée, la jambe subit une torsion, bilan : rupture des ligaments croisés...La fin de la course se fera à dos d'homme et en marchant difficilement. Pose d'attelle de fortune pour une immobilisation partielle. 


Volcan Sheveluch/ Kamtchatka/  Russie/ 3307m

date : juin 2004

température : -15°c au sommet

participants : sacha bitchenko, franck tessier et 6 membres d'expédition

moyen : marche avec crampons, bivouacs

Première ascension du sommet du Sheveluch organisée par le club alpin de Petropavlovsk représenté par son leader Sacha Bitchenko. Ce volcan est situé dans une région reculée du Kamchatka, très difficile d'accès et nécessitant de nombreuses autorisations. L'expédition a reçu le label international du fait de la présence d'un français parmi les russes. Le volcan étant localisé dans une zone contrôlée par les militaires, nous avons dû montrer "pattes blanches" à chaque poste de contrôle. Un gros camion 6x6 a été affrété afin d'ouvrir une piste dans la végétation car il n'y avait plus de route depuis longtemps. Il a fallu ensuite continuer à pieds car la rivière était en crue charriant ainsi d'énormes troncs d'arbres arrachés à la forêt. Après de longues heures de marche, nous avons enfin atteint un abri pour les volcanologues. Le refuge est actuellement détruit par les  gigantesques coulées pyroclastiques qui dévalent les pentes du volcan. Ce volcan fait partie des plus actifs et des plus puissants au monde. S'il n'y a pas de villages à proximité immédiate, il constitue un souci permanent pour les contrôleurs de la navigation aérienne. Le sommet que nous convoitant est la cime la plus haute qui s'érige au dessus du cratère, un peu à distance de celui-ci, et qui se termine par un petit pic englacé. Nous avons bivouaqué dans la neige tout en surveillant à tour de rôle l'activité du volcan. Les conditions météorologiques étaient acceptables pour la région, c'est à dire une alternance de vent, de brouillard et d'éclaircies sur fond d'énormes panaches de vapeur d'eau. Une belle expédition engagée et partagée avec une super équipe.  La réussite de l'ascension a fait l'objet d'une couverture médiatique locale.


Groenland/ 2002

date : avril 2002

température : -5°c/-15°c 

participants : irène margaritis, franck tessier

moyen : skis de randonnée avec pulkas

Raid à skis à partir du petit village d'Amassalik situé sur l a côte est du Groenland. Suivi des traces des traineaux à chien dans les premiers jours de ski puis ascension de plusieurs sommets sans difficultés dans les alpes groenlandaises. Poursuite de notre itinéraire en direction de la calotte avec une boucle d'une dizaine de jours. "L'immersion dans l'immensité blanche a été totale, nous reviendrons pour un périple plus long..."


cratères volcaniques d'Ambrym / archipel du Vanuatu/ Pacifique sud

date : de 1997 à 2001

température : +30°c / +45°c en approche finale/ +1100°c au coeur de lave en fusion

participants : irene margaritis, franck tessier

moyens : équipement d'exploration spéléologique, 430m de cordes fixes statiques

Une première descente dans le cratère du Benbow a eu lieu en solo dès 1996 et le dernier obstacle jusqu'au lac de lave a été franchi en 1997. La même année, nous avons effectué la première descente dans l'immense cratère  du Marum  grâce à l'utilisation de techniques d'exploration en spéléologie et de haute-montagne. L'amarrage sur la lèvre du cratère a été réalisé grâce à la technique du "corps mort" enfoui dans la cendre en suivant la même procédure que dans la neige. Les autres amarrages dans la paroi du cratère étaient constitués de chevilles à expansion, de goujons et de cornières métalliques de 0,80cm. Chaque descente dans le cratère dure environ 4-5 heures car il faut nécessairement ré-équiper la voie chaque année à cause de la corrosion permanente des gaz. Nous avons atteint les rives du lac de lave à chaque descente et nous avons pu admirer son activité de ressac permanent avec des vagues et des fontaines de lave. A notre connaissance et en accord avec les informations de l'Institut de Recherche et de Développement (IRD, ex-Orstom) personne n'avait atteint le fond du cratère, profond de 450 mètres, avant cette date. La principale difficulté de cette exploration réside dans la nécessité de maîtriser parfaitement les techniques d'exploration sur corde et d'accepter de respirer un air saturé en gaz acides et ce, malgré le port du masque. L'approche du lac ne peut se faire que si l'on possède une très grande expérience du terrain volcanique et il n'est pas rare de se trouver exposé à des projections de lave et de blocs incandescents à l'extérieur des bords du cratère. Ce genre d'environnement est très hostile pour les organismes et le matériel et le fait d'être présent quelques heures au fond du cratère est un rare privilège que l'on ne peut prolonger longtemps. A chaque descente, nous avons passé une nuit au fond du cratère. J'ai pu également effectuer une descente en solo au fond du cratère afin de rapporter des images au plus près de l'activité volcanique. La faisabilité de ce type d'expédition dépend également de l'aide des populations locales, et dans ce cas, celle du village de Lalinda et de son chef Wilfried avec laquelle nous avons tissé des relations d'amitié.  Par ailleurs, l'organisation et le bon déroulement des explorations reposaient également sur la participation de quelques personnes, dont Michel Lardy (ingénieur de recherche, IRD), Douglass Charley (technicien, IRD) et Gilles Bourdet, responsable du transport aérien dans l'Archipel. 



Pérou/ Yerupaja Grande (6134m)

date : 1981

température : -15°/-20*c 

participants : gilbert burzucchi, yves martin, andré philippe, thierry rossi, franck tessier

moyen : alpinisme

Expédition dans les Andes Péruviennes avec comme 1er objectif : l'ascension de l'arête de la Santa Cruz (photo de gauche) dans la Cordillère Blanche. Les conditions météo ne nous permettront pas d'atteindre le sommet, une grande quantité de neige fraîche s'étant accumulée sur la crête convoitée. Après 10 jours de trekking à cheval en direction de la cordillère de Huayhuash, nous sommes prêts pour réaliser notre deuxième objectif : l'ascension de la face sud du Yerupaya Grande (2ème sommet du Pérou). La paroi est immense et de nombreuses chutes de séracs dévalent les flancs de la face sud. Nous apprendrons plus tard que ce sont des tremblements de terre qui sont à l'origine des avalanches. Nous nous engagerons à 3 dans la paroi sans tente et nous prévoyons de bivouaquer dans la pente. L'ascension est interminable et nous débouchons enfin sur l'arête sommitale après 3 bivouacs par des températures très négatives. Nous poursuivons à deux, avec Gilbert, jusqu'au sommet. La descente sera, elle aussi, très fastidieuse et nous arriverons épuisés au camp de base accueillis par une expédition anglaise qui nous suivait aux jumelles depuis plusieurs jours...Une très grande satisfaction d'avoir vaincu cette grande paroi mais une grande déception pour notre coéquipier, Thierry, qui doit être rapatrié en urgence à causes de ses orteils gelés.